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23/04/2014

Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ?



... Oui, je sais : c'est la comédie qu'on sent bien marquetée, avec plein de clichés et de bonnes ficelles, quelques acteurs connus (Clavier en tête, vraiment pas dans mon hit…) mais aussi 5 ou 6 à découvrir… etc.

Eh bien, moi, j'ai bien ri et je suis bien contente ! Lalalère :-D

Visionnez la Bande annonce (clic)

14/04/2013

Quartet

Synopsis : au cœur de la campagne anglaise, dans une paisible pension qui accueille musiciens et chanteurs d'opéra à la retraite, la préparation du concert annuel est perturbée par l'arrivée de Jean, soprano, éternelle diva, précédemment femme de l'un des résidents. Admirations, rancunes anciennes et blessures jamais cicatrisées viennent un temps troubler la sérénité des résidents. Mais l’orgueil, l’amour de Verdi, de la scène, du jeu, et… l’amour tout court auront raison de tous les obstacles.
 
Malgré les quelques critiques un peu méprisantes - qui en faisaient un film "facile", "sans surprise", "au scénario paresseux" - je n'ai pas boudé mon plaisir devant "Quartet". Sur le thème de la vieillesse, des souvenirs heureux et des regrets parfois, mais aussi de l'éternelle ressource humaine, Dustin Hoffmann réalise un spectacle réellement émouvant, autour de magnifiques acteurs (Maggie Smith extraordinaire).
 
Tous les mélomanes apprécieront cet hommage aux talents, avec notamment la présence parmi les pensionnaires de Beecham House d'une quinzaine d'anciens membres d’orchestres britanniques et chanteurs, reprenant leurs partitions pour l'occasion (le générique de fin les signale avec leur photo lorsqu’ils étaient en activité). Entre "Indian Palace" et "Si l'on vivait tous ensemble", un film malicieux, chaleureux et tendre, nouvel hymne à la sagesse qui nous vient avec le temps…
 
Regardez la bande-annonce (clic)
 
"Ce coup d’essai est à l’image de son auteur : juvénile et enthousiaste. Entourés par d’authentiques musiciens et chanteurs tous septuagénaires, les quatre principaux interprètes - eux sont simplement comédiens, on ne les entend pas chanter, donc doublés - ont bien l’âge de leurs artères, mais un talent qui, lui, n’a pas d’âge. Ils ont nom Maggie Smith (78 ans, et une allure impériale), Tom Courtenay (magnifique d’émotion rentrée, d’aristocratique élégance et d’éternel amour), Billy Conolly et Pauline Collins. A eux quatre, ils résument tout à la fois le fardeau de la vieillesse, la rage de vivre encore, la passion de continuer ce que l’on a toujours aimé faire et, tout simplement, le désir d’aimer, encore et toujours. A eux quatre, ils vous feront rire et pleurer avec, toujours, une élégance souveraine." [Annie Coppermann - Les Echos]

05/11/2012

Les Enfants du Paradis

Ce soir, ne manquez pas de revoir  sur Arte "Les Enfants du Paradis" (clic), film de Marcel Carné (1945) et grand classique du cinéma français, l'un des meilleurs souvenirs de mes premières années à Paris. 
Vu dans la petite salle tout en boiseries et caissons peints du Ranelagh (clic), qui était encore cinéma à l'époque avant de redevenir scène de spectacles, j'y ai découvert Jean-Louis Barrault et Arletty - inoubliable Garance - mais aussi Pierre Brasseur, et la pauvre Maria Casarès, si malheureuse dans l'histoire… Un film au charme indémodable. Une ode au spectacle vivant, grand protagoniste du film. Un poème sur le Paris du début 19ème siècle.


Sachez aussi que la Cinémathèque Française organise jusqu'au 27 janvier toute une exposition (clic) sur ce chef d'œuvre, récemment remasterisé. Jalonné d’extraits du film, le parcours présente de nombreux documents rares : affiches, dessins, photographies, costumes, appareils, scénarios, correspondances...

10/08/2012

Hasta la Vista

Un moment génial : à voir !

Synopsis : Trois jeunes d'une vingtaine d'années aiment le vin et les femmes, mais ils sont encore vierges. Sous le prétexte d'une route des vins ils embarquent pour un voyage vers l'Espagne, dans l'espoir d'y avoir leur première expérience sexuelle. Rien ne les arrêtera. Pas même leurs handicaps : l'un est aveugle, l'autre est confiné sur une chaise roulante, et le troisième est paralysé.

Ne vous fiez pas à l'affiche, un peu trop racoleuse. Confrontant et plein d'humour, je n'ai pas lâché une seconde ce road movie flamand de Geoffrey Enthoven, qui m'a souvent fait passer du rire aux larmes. Au bout de cinq minutes, on oublie que les héros sont handicapés... Les quatre acteurs principaux sont étonnants ; mention spéciale pour Isabelle de Hertogh et son magnifique tempérament. Une histoire touchante, qui relativise bien nos petits soucis : un hymne à l'amitié et aux possibilités de la vie.

Regardez la bande-annonce (clic)

09/06/2012

Indian Palace

"Indian Palace" , un film de John Madden - titre original "The Best Exotic Marigold Hotel".

Synopsis : L'Angleterre n'est plus faite pour les seniors. Même la retraite se délocalise ! Plusieurs retraités britanniques coupent toutes leurs attaches et partent s'établir en Inde, dans ce qu'ils croient être un palace au meilleur prix. Bien moins luxueux que la publicité ne le laissait entendre, cet hôtel délabré au charme indéfinissable va bouleverser leurs vies de façon inattendue…



Allez-y : c'est un délicieux film anti-stress à l'humour british, très authentique sur la façon dont l'Inde peut surprendre et déconcerter, et qui réussit son pari de parler de la vieillesse de façon positive. Ceci porté par un excellent cocktail d'acteurs (Bill Nighy, Judi Dench, Tom Wilkinson, Dev Patel, mention spéciale pour Maggie Smith !) démontrant qu'il n'est jamais trop tard pour changer de vie, trouver le bonheur, ou plus simplement sa vraie voie… Une comédie émouvante et tendre, avec quelques touchantes leçons de vie.

Comme dirait Sonny, le jeune responsable du "palace" : "Tout est bien qui finira bien. Si ce n'est pas bien, c'est que ce n'est pas fini."   ;-)

Regardez la Bande annonce (clic)

17/04/2012

Un jour sur Terre

Synopsis : "De l'Arctique à l'Antarctique, en passant par l'Equateur, suivant la course du soleil, le rythme des saisons, le cycle de l'eau et de la vie, "Un jour sur terre" explore les milieux marins, aériens et terrestres. Des images inédites : une famille d'ours polaires à la fonte des glaces, un troupeau d'éléphants menacés par les lions, la migration des baleines à bosse, la parade nuptiale d'oiseaux multicolores... Parmi toutes les planètes de notre univers, il n'y en a qu'une capable de porter la vie. Certains l'appellent la planète miracle."

Hymne à la nature, à la beauté, à la vie, un magnifique documentaire que j'ai laissé passer en 2007 et re-découvert ce week-end en Dvd (merci Savine !). Bien sûr, c'est un film à message, sensibilisant son public aux risques qui menacent la Terre. Mais de ce thème universel à la qualité d'image, du commentaire à la bande son, tout est assez bluffant dans le spectacle réalisé par Alastair Fothergill pour lequel cinq années de tournage ont été nécessaires, dans 200 lieux différents et 21 pays. Au rythme où marche le monde, peu d'entre nous - dit le réalisateur - auront la chance de voir (encore) ces images de leurs propres yeux…

Regardez la bande annonce (clic)

Lisez l'article de Christophe Magdelaine (clic) [notre-planete.info]

20/02/2012

Je ne vous ai pas parlé du film : "Et si on vivait tous ensemble"… J'ai pourtant passé un fort bon moment à me régaler de cette comédie douce-amère, sur le thème du 4e âge et de ses faiblesses.

Synopsis : Annie, Jean, Claude, Albert et Jeanne sont liés par une solide amitié depuis quarante ans. Alors quand la mémoire flanche, quand le cœur s'emballe et que le spectre de la maison de retraite pointe son nez, ils se rebellent et décident de vivre tous ensemble. Le projet paraît fou mais, même si la promiscuité dérange et réveille des souvenirs, une formidable aventure commence : celle de la communauté... à 75 ans !

Bien sûr, les caractères sont un peu tranchés et l'humour parfois facile ; mais le casting de choix soutient si bien les dialogues et les aventures de ce quintet ! A travers leurs réflexions et leurs aventures, Geraldine Chaplin, Jane Fonda, Claude Rich, Guy Bedos et Pierre Richard m'ont amusée, interpellée, émue. Quel plus joli rêve, dans ce monde en détresse, que d'imaginer vivre sa vieillesse parmi ses meilleurs amis ! C'était attendrissant et délicieux : je conseille !

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15/01/2012

Parlez moi de vous

Synopsis : à 40 ans, Mélina est la voix la plus célèbre de France. Animatrice radio, elle résout les problèmes affectifs et sexuels des auditeurs avec impertinence, humour et sans tabou. Tout le monde connaît sa voix, mais personne ne connaît son visage. Dans la vie, elle évite tout contact et vit comme une vieille fille. Partie à la recherche d'une mère qu'elle n'a jamais connue, elle la découvre au sein d'une famille nombreuse, en banlieue, et décide de s'approcher d'elle, incognito... (Réalisation Pierre Pinaud) 

La critique de Guillemette Odicino [ Télérama ]
"Elle a l'air tellement sûre d'elle, Mélina, cette animatrice radio vedette, quand elle confesse ses auditeurs, toutes les nuits, sans tabou. Personne ne connaît le visage de cette star de l'ombre à la voix de velours. Il n'y a que son équipe pour savoir à quel point, en réalité, elle est glacée, avec son chignon et ses tailleurs de blonde hitchcockienne.
C'est bien connu, quand on écoute les autres, c'est pour éviter de parler de soi... Quand cette femme parfaite rentre dans son grand appartement chic, elle s'enferme dans un placard, comme la petite fille abandonnée qu'elle est restée. Claire, c'est son vrai prénom, n'a jamais connu sa mère. Soudain, à 40 ans, elle décide de la retrouver...
(...)
Sans Karin Viard, ce choc de deux mondes perdrait de sa saveur : elle est épatante en clown blanc tiré à quatre épingles, pompes Louboutin et gants noirs (toucher la vraie vie, quelle horreur !), propulsée dans une banlieue où l'on parle et où l'on existe fort. Jolie idée, surtout, que cette fin, ouverte et sans paroles : pas un happy end gnangnan, juste l'espoir que le masque de Claire est définitivement tombé."

27/11/2011

Intouchables

Synopsis (si vous l'avez manqué dans les medias…?) : à la suite d’un accident de parapente, Philippe, riche aristocrate, engage comme aide à domicile Driss, un jeune de banlieue tout juste sorti de prison. Bref, la personne la moins adaptée pour le job. Ensemble ils vont faire cohabiter Vivaldi et Earth Wind & Fire, le verbe et la vanne, les costumes et les bas de survêtement… Deux univers vont se télescoper, s’apprivoiser, pour donner naissance à une amitié aussi dingue, drôle et forte qu’inattendue, une relation unique qui fera des étincelles et qui les rendra… intouchables.

Oui, oui, il faut y aller. Pour la belle complicité entre François Cluzet et Omar Sy à l'écran ; pour s'imprégner de ce que veut dire concrètement tétraplégique (40.000 tétraplégiques et paraplégiques en France et 2.000 nouveaux cas par an) ; pour le rythme et les inattendus ; pour la simplicité (le "pragmatisme" dirait Driss) opposée aux principes un peu poussiéreux ; pour le "rrroaaaar" de la Maserati qui ravira tous les mâles... Et ne serait-ce que pour rire, il y a tellement peu d'occasions ces temps-ci, non ? Je n'ai pas boudé mon plaisir.

Et pourtant… cette comédie est un vrai conte de Noël : comment imaginer le quotidien d'un handicapé comme Philippe sans toutes les facilités que permet la fortune ? Peut-on se débarrasser de l'idée que cette rencontre est plutôt une erreur statistique ? Tirera-t-on de ces images quelque chose qui vienne  réellement faire évoluer les esprits et les a priori ? A voir...

06/11/2011

"Polisse" : une bonne claque

Pitch : Le quotidien des policiers de la Brigade de Protection des Mineurs, ce sont les gardes à vue de pédophiles, les arrestations de pickpockets mineurs mais aussi la pause déjeuner où l'on se raconte ses problèmes de couple ; ce sont les auditions de parents maltraitants, les dépositions des enfants, les dérives de la sexualité chez les adolescents, mais aussi la solidarité entre collègues et les fous rires incontrôlables dans les moments les plus impensables ; c'est savoir que le pire existe, et tenter de faire avec... Comment ces flics parviennent-ils à trouver l'équilibre entre leurs vies privées et la réalité à laquelle ils sont confrontés, tous les jours ?

Mots-clé : direct, mode documentaire, énergique, foisonnant ; réalisation originale et intense, souvent caméra au poing, ce à quoi nous a (déjà) habitués Maïwenn ; grande justesse des personnages, mention spéciale pour Karin Viard et Marina Foïs - j'ai un peu de mal avec Joey Starr… ; assemblage stupéfiant de misère humaine et d'émotions, de brutalités et de sensibilités ; Maïwenn montre et démontre ; ça ne règle rien, mais c'est bien de le faire. [Prix du Jury présidé par Robert de Niro à Cannes 2011]

Eric Libiot (L'Express) : "Cette fille a un talent fou. Son cinéma est entier, culotté, déculotté, affirmé, singulier. Elle triture la fiction, malaxe la réalité, s'engouffre dans les interstices d'un imaginaire qui mélange ce qui est pulsionnel et raisonné. Maïwenn n'est pas raisonnable. Son cinéma non plus. Il déborde de mouvements, d'engueulades, d'excès. Il est vivant. Trois films, Pardonnez-moi, Le Bal des actrices, Polisse, trois coups de pied au cul. Si je voulais jouer au critique, je le lui reprocherais bien, ici ou là, un bouton de fièvre (une scène qui dure trop) ou un manque de tenue (son personnage à elle, photographe, pas suffisamment abouti). Mais il faut parfois arrêter de jouer les empêcheurs de tourner en rond et les ratiocinateurs de fin de chronique. Quelqu'un n'est pas d'accord ? Tant pis. Tout le monde n'aimera pas Polisse. Tant pis encore. Il est des films dont l'évidence supporte toutes les critiques. La seule chose qui m'inquiète c'est que Maïwenn, tartinée d'éloges comme elle l'est, prenne le ballon. J'ai donc acheté une boîte de punaises pour tout faire éclater. Au cas où. Une douée pareille, ça se surveille".

27/09/2011

Le Sens de l'âge

Si vous en avez l'occasion, ne manquez pas ce documentaire français (1h15) réalisé par Ludovic Virot, et diffusé de façon assez confidentielle en salles depuis le 14 septembre.

Synopsis : Regardé de loin et appréhendé de l’extérieur, le vieillissement effraie. Pourtant en écoutant ceux qui la vivent, la vieillesse ne saurait être réduite à l’altération du corps. Alors que le physique tend vers moins de mobilité, l’esprit ne développe-t-il pas plus de souplesse ? Le grand âge peut-il être porteur de nouvelles promesses ? Six octogénaires témoignent intimement de leurs tentatives de s’adapter aux difficultés physiques et d’accepter les désirs qui changent. Leur longue expérience et leur soif de vie les incitent à se détacher des contraintes quotidiennes pour savourer un temps pour soi. Voir la Bande annonce (clic)

"Lorsqu’on parle des personnes âgées, on évoque systématiquement l’angoissante dépendance rattachée à cette tranche d’âge. Or aujourd’hui, seulement 15 % des plus de 80 ans sont en situation de perte d’autonomie ! Il me semble que cette focalisation excessive contribue à une vision négative de la vieillesse. On effraie ceux qui la vivent ou ceux qui la côtoient, c’est-à-dire chacun d’entre nous. “Le sens de l’âge” tente à sa manière de réhabiliter cet état particulier qui est aussi un potentiel de vie : la vieillesse en forme comme un phénomène moderne !"   [Ludovic Virot]

Site du film : Le Sens de l'âge

31/08/2011

Met de New York : réservez maintenant

Depuis trois ans, les cinémas Gaumont et Pathé permettent de vivre en direct et en HD les plus beaux opéras produits par le Metropolitan Opera de New York. Visualisez la présentation de la saison 2011-2012 : onze opéras dont sept nouvelles productions soutenues par les plus grands artistes de la scène lyrique.

Séances le samedi à 18h ou 19h. Pour réserver, rendez-vous sur la page des CinémasGaumont ou Pathé.

15 octobre : Anna Bolena (Donizetti) avec Anna Netrebko, Ekaterina Gubanova
29 octobre : Don Giovanni (Mozart) avec Mariusz Kwiecien
5 novembre : Siegfried (Wagner) avec Gary Lehman, Deborah Voigt, Bryn Terfel
19 novembre : Satyagraha (Glass) avec Richard Croft
3 décembre : Rodelinda (Händel) avec Renée Fleming, Stephanie Blythe, Andreas Scholl
10 décembre : Faust (Gounod) avec Jonas Kaufmann
21 janvier : The Enchanted Island (Händel, Vivaldi, Rameau,...) avec David Daniels, Joyce DiDonato, Plácido Domingo, Danielle de Niese
11 février : Götterdämmerung (Wagner) avec Deborah Voigt, Gary Lehman
25 février : Ernani (Verdi) avec Angela Meade, Marcello Giordani
7 avril : Manon (Massenet) avec Anna Netrebko
14 avril : La Traviata (Verdi) avec Natalie Dessay, Matthew Polenzani

A Paris :
- Gaumont Marignan, 27 av.des Ch.Elysées 75008
- Gaumont Opéra, 2 bd.des Capucines 75009
- Gaumont Convention, 27 av.Alain Chartier 75015
- La Géode, 26 av.Corentin Cariou 75019
Pour d'autres détails, d'autres villes, et pour réserver en ligne, cliquez : CinémasGaumont-Pathé

08/04/2011

Tous les soleils

Synopsis : Professeur de musique baroque, Alessandro partage un appartement avec sa fille de 15 ans en pleine crise d’adolescence et son frère gentiment barré. Veuf inconsolable, il passe son temps à se soucier des autres plus que de lui-même au grand désespoir de sa famille qui décide de réagir…

Pour ce second film, Philippe Claudel propose une jolie comédie de printemps, sans réel suspense mais où l'on profite simplement de toutes ces petites choses qui font la vie : la musique, l'affection, l'amitié, la fantaisie, l'altruisme… De la tarentelle, jouée par l'Arpeggiata ou fredonnée par Alessandro zigzaguant sur son solex… à la ville de Strasbourg, merveilleusement cinégénique avec ses canaux et ses jardins, de la douce nonchalance de Crampone à la peau douce de la jeune Irina… de la connivence des deux comédiens principaux : Stefano Accorsi et Neri Marcorè à l'apparition lumineuse de Clotilde Courau, qui me fait si fort penser à mon amie Virginie… Une chronique chaleureuse, une harmonie légère qui repousse les ombres.

Ecoutez la Tarentelle :

"Tous les soleils à l'aube dorment encore un peu
engourdis, nonchalants,

ils se moquent bien du feu du jour qui les attend,
ils chassent les ombres des hommes et des guerres,
tous les soleils à l’aube sont comme de grands enfants
qui n’ont que faire du temps…"

14/03/2011

Dansez ... sinon nous sommes perdus.

Après avoir découvert 'Les rêves dansants' et le concept de danse-théâtre créé par Pina Bausch, j'attends avec impatience la sortie le 6 avril de 'Pina'.

'Pina' est un film en 3D de Wim Wenders pour la grande chorégraphe allemande. Une fiction autour de son regard sur la danse, entremêlée de quelques images de sa vie. Le réalisateur emmène le public en un sensuel et étonnant voyage dans une nouvelle dimension, en direct sur la scène avec la troupe légendaire des danseurs du Tanztheater Wuppertal, mais aussi hors du théâtre, dans la cité.

Pour Wenders, le numérique 3D s'accorde idéalement à l'art de la danse : "L'espace est le médium même de la danse, et le mouvement est beaucoup plus beau en relief. Il manque aux comédies musicales classiques cette troisième dimension qui donne la légèreté : c'est plus lourd, parce que les personnages sont collés à l'écran. Dans la 3D, il n'y a plus d'écran : c'est une fenêtre, avec des choses qui se passent devant et derrière son cadre. La danse retrouve son essence immatérielle."

Un hommage à cette grande artiste, disparue à l'été 2009.

Regardez la bande annonce.

21/01/2011

' Bright star '

Grâce au festival Télérama 2011, j'ai pu déguster hier "Bright star" de Jane Campion, manqué il y a un an : un cocktail de pur romantisme, délicat et délicieux, d'images poétiques, sensuelles, dramatiques. Le film évoque les derniers mois de John Keats (1795-1821), poète anglais, en proie à une passion amoureuse dévorante pour Fanny Brawne, mais aussi à la tuberculose : c'est à celle-ci qu'il succombera, fort jeune.
L'esthétique des images, le soin porté au détail, la qualité des jeunes acteurs (l'Australienne Abbie Cornish et son visage buté, le Britannique Ben Whishaw, beau brun ténébreux), donnent aux premières scènes une intensité rare. Puis dans l’atmosphère raffinée du 19e siècle anglais, évoluant parmi les bois vert tendre et les champs de fleurs de la campagne de Hampstead - iris blancs, jonquilles, jacinthes bleues… - les personnages nous mènent du marivaudage aux affres de la séparation, sur fond de rimes devenues légendaires. Un moment de grâce.

> Dégustez la Bande-annonce du film.

Bright star, would I were stedfast as thou art -
Not in lone splendor hung aloft the night,
And watching, with eternal lids apart,
Like nature's patient, sleepless eremite,
The moving waters at their priestlike task
Of pure ablution round earth's human shores,
Or gazing on the new soft-fallen mask
Of snow upon the mountains and the moors ;
No - yet still stedfast, still unchangeable,
Pillow'd upon my fair love's ripening breast,
To feel for ever its soft swell and fall,
Awake for ever in a sweet unrest,
Still, still to hear her tender-taken breath,
And so live ever - or else swoon to death.

[ Life, Letters and Literary Remains - 1819 ]


Brillante étoile ! Que ne suis-je comme toi immuable -
Non seul dans la splendeur tout en haut de la nuit,
Observant, paupières éternelles ouvertes,
Comme de Nature le patient ermite sans sommeil,
Les eaux mouvantes dans leur tâche rituelle
Purifier les rivages de l’homme sur terre,
Ou fixant le nouveau léger masque jeté
De la neige sur les montagnes et les landes -
Non - mais toujours immuable, toujours inchangé,
Reposant sur le beau sein mûri de mon amour,
Sentir toujours son lent soulèvement,
Toujours en éveil dans un trouble doux,
Encore son souffle entendre, tendrement repris,
Et vivre ainsi toujours- ou défaillir dans la mort.

08/01/2011

'Lagaan. Il était une fois en Inde'

Dégusté hier soir, tranquille dans mon canapé, ce long long-métrage indien (3h40…) réalisé par Ashutosh Gowariker et pas vu à sa sortie en 2002.

Synopsis : en 1893, au centre de l'Inde, les villageois de Champaner attendent en vain la mousson. Pour humilier ce peuple au bord de la famine, le cruel capitaine Russell, chef de la garnison britannique, veut doubler le lagaan, l'impôt sur les céréales. Le jeune Bhuvan, meneur de la révolte contre cette injustice, se voit proposer par l'officier un terrible pari : si les Indiens battent les Anglais au cours d'un match de cricket, ils seront exemptés de lagaan pendant 3 ans, mais s'ils perdent, ils devront payer une triple taxe. Bhuvan accepte le pari mais n'a que trois mois pour former son équipe.

Alors... je ne suis pas vraiment Bollywood, mais ce film a transformé ma soirée !
"Lagaan" est une comédie dramatique et musicale à la fois, mais aussi un beau plaidoyer pour la solidarité et la fraternité contre l'oppression, mais encore une belle histoire d'amour. Le style diffère radicalement de la production indienne contemporaine : film historique en costumes, là où le public indien se passionne pour les comédies romantiques mettant en vedette de jeunes étudiants habillés à la dernière mode… L'ensemble est cependant extrêmement bien servi côté musique et danse, et tous les seconds rôles prennent leur place.

Fraîcheur, charme, qualité, émotions simples ont dopé mon enthousiasme et j'ai terminé ma soirée de super bonne humeur. Et puis, last but not least, j'ai enfin compris les règles du cricket ...!

[Lagaan - Oscar du Meilleur film étranger en 2002]


Lagaan - Ghanan Ghanan

24/10/2010

"Les Rêves dansants"

Fortement recommandé, si vous avez la chance qu'il passe près de chez vous : "Les Rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch", film et documentaire d’Anne Linsel et Rainer Hoffman.
Pour tous ceux/celles qui s'intéressent au spectacle vivant, qui ont chanté, fait du théâtre, de la danse,... qui savent ce que c'est que préparer un spectacle, se mettre en jeu, en scène, se remettre en question, surmonter ensemble,... traquer avant la représentation, comment le travail modifie la façon d'être à soi et en groupe...

Egalement pour l'approche et l'analyse de la quarantaine d'adolescents impliqués dans ce projet, avec leurs questionnements, leur spontanéité, leurs difficultés, l'expression de ce que cette aventure leur a apporté...

Enfin, un très bel hommage rendu au talent et au travail de Pina Bausch, immense chorégraphe et metteur en scène, créatrice du concept de danse-théâtre. Elle a disparu quelques mois plus tard, en 2009.

Voir la bande-annonce (clic)

26/09/2010

' Poetry '

Film coréen de Lee Chang-Dong, prix du scénario au Festival de Cannes 2010.

Synopsis : Dans une petite ville de la province du Gyeonggi, Mija vit avec son petit-fils, qui est collégien. C'est une sexagénaire un peu excentrique, qui aime soigner son apparence, arborant des chapeaux à motifs floraux et des tenues aux couleurs vives. Emplie de curiosité, elle décide de s'inscrire à des cours de poésie afin d'émerveiller son quotidien trop souvent composé d'amertume et de monotonie. Son destin est rattrapé par la fatalité d'un évènement morbide qui va la plonger dans un tourbillon de questionnements existentiels... La recherche de la beauté et de l'inspiration, pour écrire son premier poème, suffira-t-elle pour l'aider à surmonter ces bouleversements ?

Le titre, "Poetry", porte le film, avec tous ses messages autour de la création, de la recherche de la beauté, de l'inspiration et de la poésie. Une démonstration fine et digne de la façon dont on peut affronter le quotidien et les difficiles perspectives d'avenir, en préservant et développant sa sensibilité intérieure. Sans compromis, mais avec justesse, courage, discrétion, Mija traduit ce qu'elle apprend dans son action de tous les jours. Un film tout simple, authentique, sans effet superflu, dont la magie repose en grande partie sur la magnifique Yoon Jung-Hee, qui illumine la toile.

05/09/2010

'Un Prophète'

Découvert hier seulement le DVD "Un Prophète" de Jacques Audiard, Grand prix du Festival de Cannes 2009, et largement récompensé depuis.

Synopsis : Condamné à six ans de prison, Malik El Djebena ne sait ni lire, ni écrire. A son arrivée en Centrale, il a 19 ans et paraît plus fragile que les autres détenus. D'emblée, il tombe sous la coupe d'un groupe de prisonniers corses qui fait régner sa loi dans la Centrale. Mais au fil des 'missions', le jeune homme va s'endurcir et utiliser son intelligence pour développer discrètement son propre réseau, son pouvoir, et renverser la vapeur. [Avec Tahar Rahim, Niels Arestrup, Adel Bencherif…]

Un grand film sombre, précis et sobre, mettant en scène l'ascension d'un jeune taulard au rang de caïd : "C'est un jeune homme qui n'a pas d'histoire et qui va s'en écrire une sous nos yeux", dit Audiard. La prison se charge en effet de développer, (dé)former, (de)structurer l'âme du garçon, qui prend évidemment exemple sur ceux qu'il côtoie… Comme dans plusieurs de ses autres films - Regarde les hommes tomber, Un héros très discret, De battre mon coeur s'est arrêté - Audiard raconte encore ici comment on devient un homme.

"La prison comme métaphore de la vie, où il faut apprendre à slalomer, à composer avec les contraires, à se débrouiller des rituels, des codes, des langues, des pièges, des férules, pour trouver son propre chemin, voilà le programme formidablement maîtrisé de Jacques Audiard." (Le Point)

Ce qui reste au bout du compte, c'est l'effarement devant ce milieu vérolé de combines, devant les relations organisées entre prisonniers, avocats véreux et matons soudoyés, entre caïds de la banlieue parisienne et barons marseillais… devant ce qui semble une vaste zone de non-droit.

08/07/2010

' Dans ses yeux '


Retour de Pérou-Bolivie fin juin… un peu hard ?

Ben oui. Pas tant à cause du long voyage (48h de transfert tout compris depuis La Paz) ou encore du jet-lag, mais bon : on est mieux en jean et sweat-shirt à respirer l'air pur des montagnes au milieu du ciel infini, que coincé à son bureau à régler la clim et autres problèmes du moment...

Alors avant de trier toutes nos photos, et pour retrouver un peu l'atmosphère sud-américaine, nous sommes allés voir au cinéma "Dans ses yeux" (titre original "El Secreto de sus Ojos") : un thriller vintage de l'Argentin Juan-José Campanella.

Synopsis : 1974, Buenos Aires. Benjamin Esposito enquête sur le meurtre violent d’une jeune femme. 25 ans plus tard, il décide d'écrire un roman basé sur cette affaire "classée" dont il a été témoin et protagoniste. Ce travail d'écriture le ramène à ce meurtre qui l'obsède depuis tant d'années mais également à l'amour qu'il portait alors à sa collègue de travail. Benjamin replonge ainsi dans cette période sombre de l'Argentine où l'ambiance était étouffante et les apparences trompeuses...

Une excellente intrigue, une dynamique forte mêlant finement l'histoire policière à l'histoire d'amour, la description des milieux judiciaires à celle des mœurs sociales de l'époque (1974 : mort de Peron, à qui succède sa femme ; coups d'états militaires, surveillances, disparitions de personnes, etc). Rebondissement final dont on ne vous dira rien…

Le tout est servi par de très bons acteurs. Mention spéciale pour Guillermo Francella, dans le personnage secondaire de Sandoval, mais bien dans les premières places en qualité d'interprétation.

Oscar 2010 du Meilleur Film Etranger.